Mémoires de guerre : commémorations, reconstitutions, récits de guerre dans le monde anglophone (XVIIIe-XXIe siècles), Rennes 2, 17-19 juin 2014

Appel à communications

Mémoires de guerre : commémorations, reconstitutions, récits de guerre dans le monde anglophone (XVIIIe-XXIe siècles)

Colloque organisé par le Laboratoire « Anglophonie : Communautés, Écritures » (Rennes 2, France) et le Collège Militaire Royal du Canada (Kingston, Canada)

Université Européenne de Bretagne – Rennes 2

17, 18, 19 juin 2014

Les guerres passées n’ont pas laissé la même empreinte dans la mémoire collective. Guerres de conquête ou guerres de libération, elles ont diversement marqué l’histoire de l’Empire britannique et des colonies. Les objectifs de la politique extérieure américaine sont guidés par une vision parfois qualifiée d’impérialiste qui a entraîné l’armée dans le bourbier vietnamien et, plus récemment, dans le Golfe. Gagnées ou perdues, source de fierté patriotique et de honte collective, les guerres sont l’objet de commémorations à travers une activité muséographique, cinématographique, littéraire, dont le discours idéologique se mêle à l’expression d’une expérience subjective. Des guerres napoléoniennes qui ont émaillé le XVIIIe siècle aux guerres des Boers dans l’Afrique du sud ou à la Guerre de Sécession au XIXe, des « Troubles » en Irlande du Nord aux deux Guerres mondiales qui ont ponctué le XXe siècle, certaines guerres font l’objet de « devoirs de mémoire » alors que d’autres sont plus facilement oubliées. Les interventions militaires pendant la guerre des Malouines, de Bosnie et, plus récemment, en Afghanistan, en Irak ou en Libye, créent une nouvelle mémoire dont les images télévisuelles construisent le récit. En cette période anticipant la commémoration de la Première Guerre mondiale, et alors que la question des rapports entre mémoire et histoire reste au cœur des préoccupations de l’historiographie, ce colloque abordera la représentation des guerres qui ont touché ou impliqué les divers pays anglophones au cours des XVIIIe, XIXe, XXe et XXIe siècles. Nos travaux se déclineront en plusieurs axes :

1. Mémoires des lieux et lieux de mémoire, commémorations et reconstitutions de guerres (cérémonies, cultes du souvenir, monuments et mémoriaux, cimetières, expositions, musées, tourisme de guerre, sites web, blogues…) et tout ce qui concerne le rapport de la mémoire et des lieux de mémoire avec l’histoire (notamment dans le sillage des travaux de Pierre Nora et de François Bédarida).

2. Souvenirs et témoignages, sphères publiques et privées, personnalités politiques et militaires ou simples soldats (lettres, journaux intimes, mémoires, entrevues, articles dans les journaux, œuvres autobiographiques) : statut et fonction du témoignage dans l’historiographie, question de l’identité individuelle et collective en temps de guerre et dans le processus de remémoration et de commémoration.

3. Représentation de la guerre à travers les médias (cartes postales, gazettes des tranchées, caricatures, bandes dessinées, affiches, presse, radio, télévision, internet…), à travers le cinéma, la littérature (théâtre, roman, poésie) et les arts (musique, peinture, photographie, sculpture), la guerre comme image et comme spectacle, représentations libres ou représentations contraintes : propagande et censure, poétisation et réécritures de l’histoire, construction des héros de guerre.

4. Sujet et subjectivité dans la représentation de la guerre, représentations du sujet en guerre. Comment le conflit construit-il le sujet comme membre d’un groupe en érigeant la figure de l’Autre comme l’Ennemi ? Comment la guerre décale-t-elle la définition du sujet dans un système idéologique et un discours qui légitime l’acte de guerre et redéfinit les hiérarchies et les modèles identitaires? Subjectivité, mémoire, traumatisme, indicible. Des trauma studies, spécificité culturelle anglophone, au croisement de la psychanalyse, du récit et de l’histoire, à la tentation de l’hypermnésie contemporaine, « la fièvre de l’archive » (Derrida).

5. Guerres et mémoires de la guerre concernant les peuples autochtones (Gurkhas, Aborigènes d’Amérique du Nord ou d’Australie, Maoris, etc.) et/ou les communautés non-anglophones (Québécois, Afrikaners, etc.) et leur participation aux conflits mondiaux. Quelles en ont été les modalités, se déclinant sur un axe visibilité/invisibilité et un mode individuel ou collectif ? Quelle trace en est-il resté ? Dans quelle mesure peut-on dire que le sang versé a été le prix de la reconnaissance et de l’inclusion dans la nation ? Quel impact cette participation pouvait-elle avoir alors que l’autochtone avait souvent incarné la figure de l’ennemi dans le roman national ? Longtemps négligée, voire occultée, ou encore marginalisée dans les récits officiels, qu’en est-il aujourd’hui de la mémoire de cette participation dans des sociétés se voulant postcoloniales ? La littérature a-t-elle pallié certains manques en permettant l’émergence de récits spécifiques ?

6. Ce dernier axe, qui vise à croiser les approches et les méthodes et à construire une démarche à la fois comparatiste et pluridisciplinaire, et qui fera l’objet d’un atelier est conçu comme une interface entre différentes aires culturelles, en particulier anglophone et francophone, d’une part, et dans l’aire culturelle des Amériques, d’autre part, autour de la question de la guerre et de la mémoire. On pourra également interroger la mémoire des guerres ayant impliqué les États-Unis dans la sphère américaine (Chili, Cuba, Mexique…).

La médiatisation, la spectacularisation, l’interprétation, la réécriture des faits et des événements pendant et après les guerres seront au cœur de nos réflexions, qui accueilleront des études diachroniques, synchroniques et comparatives. Les interrogations sur la définition de l’événement au cours du processus de mise en mémoire, ainsi que sur les différentes écritures et réécritures de l’événement seront bienvenues. Ferveurs patriotiques, discours fédérateurs ou démobilisateurs, résistances, objections de conscience, blessures et traumatismes, exactions, propagande et contre-propagande, sont autant d’éléments qui contribuent à façonner l’édifice de la mémoire individuelle et collective et qui aident à revisiter des vérités qu’il importe d’interroger à la lumière d’éclairages nouveaux. Un atelier sera spécifiquement consacré à la Grande Guerre.

Contacts : Stéphanie Bélanger, Renée Dickason, Delphine Lemonnier-Texier. Pour nous contacter, merci de passer par la rubrique @ Contact du site du colloque.

Merci de soumettre votre résumé de 250 mots et votre biographie de 200 mots directement sur le site du colloque pour le 15 juin 2013. Pour cela, il vous faudra créer un compte dans la rubrique Soumission avant de pouvoir remplir les différents champs du formulaire de dépôt et d’y transférer votre document.

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