Revitalisation linguistique en Europe : pour qui ? pour quoi ?

Revitalisation linguistique en Europe : pour qui ? pour quoi ?

Idéologies et stratégies à l’œuvre dans les processus de redynamisationdes langues minoritaires de l’Union Européenne.

Quelque vingt-cinq ans après l’établissement de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (1992) par le Conseil de l’Europe, la plupart des pays de l’Union européenne ont signé puis ratifié ce texte destiné à « maintenir et à développer les traditions et la richesse culturelle de l’Europe » et à permettre « le droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique».

Depuis 1999 toutefois, la France fait figure d’exception par son refus de ratifier cette charte considérée comme non compatible avec la Constitution française comme l’ont confirmé à plusieurs reprises le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État. La dernière proposition de loi Le Houérou sur les langues régionales a bien été votée par l’Assemblée nationale le 31 janvier 2017, mais le texte n’est pas allé plus loin. Par crainte d’une menace qui pèserait sur l’unité de la nation dès lors que ne serait plus garantie l’unicité de la langue officielle, tous les projets de loi visant à favoriser l’enseignement des langues régionales sont demeurés sans lendemain.

Pourtant, alors que plane le spectre de l’idéologie communautariste, on constate sur la même période écoulée depuis les années 1990 un net regain d’intérêt pour les langues régionales ou minoritaires, en France comme dans d’autres pays d’Europe (Fishman, 1991). Mais ce sont les milieux associatifs et les mouvements citoyens qui en général prennent en charge ce renouveau linguistique. On les dit souvent « militants », mais qu’en est-il vraiment ? Peut-on parler de mobilisation ethnolinguistique ? Que nous apprend la défense des langues régionales ou minoritaires sur l’état de la société et de la nation ?

L’objectif de la journée d’étude organisée à la MSHS de l’université de Poitiers au printemps 2019 est de proposer – à la veille des élections européennes – un questionnement historique, politique et sociétal des processus de revitalisation linguistique à l’œuvre non seulement sur le territoire français mais également dans d’autres pays de l’Union européenne. Il s’agira d’analyser et de comparer la manière dont s’organisent les revendications linguistiques d’un pays à l’autre, et de comprendre qui sont les principaux acteurs et partenaires des nombreux mouvements visant à redynamiser des langues en danger sur le sol européen afin de tenter de répondre à la question souvent éludée du « pour qui ? pour quoi ? ».

Les propositions de communication opteront, sans que la liste des perspectives ne soit exhaustive, pour une approche linguistique, socio-linguistique, socio-historique et/ou historico-culturelle des phénomènes de revitalisation linguistique en Europe dans l’esprit des travaux de James Costa (2010, 2013, 2017). Elles s’efforceront d’étudier de manière critique les discours des différents porteurs d’idéologies tant au niveau local de la communauté des locuteurs qu’au niveau régional ou national/européen où se décident, selon les pays, les politiques linguistiques, bien souvent reflet des choix idéologiques des nations.

Les propositions de communication seront soumises à évaluation. Prière de bien expliciter votre thématique. Les communications ne dépasseront pas 30 minutes. Afin de soumettre votre proposition de communication, sous forme d’un résumé de 150 mots accompagné d’un court CV (notice), nous vous prions de nous joindre à l’adresse électronique suivante: helene.yeche@univpoitiers.fr Date limite d’envoi des propositions: 15 janvier 2019

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