Barrachina, Marie-Aline, Propagande et culture dans l’Espagne franquiste

Barrachina, Marie-Aline, Propagande et culture dans l’Espagne franquiste, Grenoble, ELLUG, 1998, 318p.

Pour être efficace, une propagande doit s’appuyer sur des mythes collectivement connus et reconnus, sur un imaginaire collectif ancré dans une partie au moins de la population. Schématisés et appauvris dans le discours de propagande, ces mythes peuvent être ensuite à nouveau développés et enrichis d’un contenu légèrement décalé à travers la diffusion culturelle à grande échelle (l’école et les médias), afin d’atteindre et de contaminer des catégories de population auxquels ils étaient en principe étrangers. L’ambition de ce livre est donc de mettre en lumière les rapports étroits que tisse la propagande du premier franquisme avec le substrat culturel sur lequel elle s’appuie, en amont comme en aval. En amont, cette propagande s’inspire d’un certain nombre d’habitus fondés sur des traditions, ainsi que d’idées plus ou moins neuves empruntées à la pensée nationale et à des courants d’origines diverses qu’elle détourne à son profit ; en aval, elle s’emploie à infléchir la culture nationale – le terme de culture étant employé ici en son sens le plus large emprunté à l’ethnologie -, par la diffusion massive de ces mêmes idées appliquées à tous les champs de l’activité humaine, et par l’élimination rigoureuse ou la condamnation péremptoire, au contraire, des idées et des comportements  » déviants  » par rapport à la norme imposée, tout cela en vue de l’uniformisation des comportements et des réflexes idéologiques.

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