APPEL À COMMUNICATIONS

COLLOQUE « ÉQUILIBRE(S) EN ETUDES CIVILISATIONNELLES »

UNIVERSITE DE POITIERS,

17-18 NOVEMBRE 2022, en présentiel

       

La Fédération pour l’Étude de Civilisations Contemporaines (FE2C), qui associe cinq unités de recherche pluridisciplinaires : MIMMOC (Poitiers), EHIC (Limoges), CRHIA-D2IA (La Rochelle), REMELICE (Orléans) et ICD (Tours) pour des collaborations de recherche pluridisciplinaires (sections CNU 11-12-13-14-15-18) organise un colloque sur la thématique d’étude commune : « Équilibre(s) en études civilisationnelles ».  Celui-ci se tiendra les 17 et 18 novembre 2022 à Poitiers. Il fait suite à une première journée d’études qui s’est déroulée le 18 mai 2021.

La recherche des civilisationnistes est par essence équilibriste, entre pluri- et transdisciplinarité, et entre outils méthodologiques empruntés à de multiples champs (études historiques, politiques, sociologiques anthropologiques, culturelles etc.), ce qui permet d’aboutir à des approches décloisonnées. Les objets interrogés par les civilisationnistes font souvent état de déséquilibres conduisant à un travail de (ré-)équilibrage, qu’il s’agisse des études sur les populations dominantes et dominées, l’humain et l’environnement, les genres, les identités, les expériences vécues, etc.

La réflexion pédagogique actuelle sur l’enseignement de la civilisation s’engage d’ailleurs de plus en plus vers un équilibrage des perspectives, en faisant place aux voix occultées, aux visions exhumées et aux sources ignorées dans le but d’atteindre une plus grande justesse critique et de produire un discours qui soit le reflet de la pluralité des réalités et des vérités, plutôt que la transmission d’une connaissance universelle monolithique. Enfin, selon l’aire culturelle étudiée, de nombreuses problématiques sur l’équilibre entre les différents pouvoirs peuvent émerger. Les enjeux politiques, socio-économiques et environnementaux actuels invitent à des réflexions sur les déséquilibres/dangers de la mondialisation et sur la question des échelles de pouvoir.

Plusieurs niveaux de réflexion ont été retenus pour cette manifestation :

1-Axe épistémologique. Il conviendra de comparer les définitions du champ des « études civilisationnelles » et les différentes mises en relation du culturel, politique, économique et juridique. Nous invitons les chercheurs du « pôle civilisation » à tester et développer des passerelles entre les différents domaines des SHS et à s’interroger sur une « pédagogie » de l’enseignement de la civilisation.

2-Axe équilibre des pouvoirs. Seront étudiés : la mesure et le sens des équilibres des pouvoirs au cœur du champ politique des pays étudiés – les variabilités, les contingences, les héritages et les perspectives liées aux mutations des discours – ; les postures des populations déplacées et marginalisées dans différentes aires géographiques ; ou celles des artistes des diasporas, dont la vie et l’œuvre restent suspendues aux remodelages humains, naturels, politiques et économiques contemporains.

L’anthropologie dynamique est une approche qui permet d’observer les solidarités entre les groupes, les processus de réparation, les synergies politiques des questions de différences et de dignité, ou encore les conciliations / réconciliations possibles

3-Axe équilibre et environnement. La notion d’équilibre est l’une des pierres angulaires de la recherche sur l’environnement, car, dans l’absolu, celui-ci est équilibre. On parle de dérèglement climatique, de déséquilibre des écosystèmes, de points de non-retour et d’extinctions en cascade. L’ampleur du défi environnemental se mesure aux difficultés politiques, économiques et culturelles de réadapter l’impact des sociétés humaines à ce que la nature peut supporter pour retrouver un point d’équilibre soutenable.

Outre les oppositions binaires entre nature et culture ou sauvage et humain, nous nous intéresserons à l’entre-deux : à cet espace frontalier où se fait le choix de l’action ou de l’inaction ; où fait rage la bataille du compromis entre les différents groupes de pression sur des échelles variées de gouvernance et de mobilisation sociale : écologisme, conservationnisme, écoféminisme, justice environnementale, sobriété énergétique, ré-ensauvagement, biodiversité, colonialisme vert, croissance verte, développement durable, greenwashing, transition écologique, empreinte écologique, éco-responsabilité, exploitation raisonnée, etc.

Plusieurs pistes non exclusives sont envisagées pour mettre en exergue les équilibres en jeu dans le champ des études civilisationnelles à l’intérieur de ces trois axes :

  • Équilibres émergents, redéfinis (en lien avec de nouvelles définitions de la nature, de la protection, du libéralisme, du progressisme, des identités, des outils de pouvoir, etc.)
  • Rééquilibrage de ce qui n’a jamais été équilibré ?
  • Équilibres contraints : déplacements ou sédentarisation forcés, vote ou choix culturels imposés
  • Équilibres binaires : fixation/mobilité, nature/culture, local/global, sauvage(wild)/contrôlé, gain/perte, lumière/ombre, ouverture/fermeture, temps long/temps court, collectif/marginal…
  • Équilibres résistants : comme pouvoir de résistance (de la nature, des arts, de la transmission générationnelle, de l’activisme, des mobilisations…)
  • Équilibres contestés : liés aux concepts de progrès, universalisme, néolibéralisme…
  • Équilibres visibles ou réels : « les sociétés ne sont pas ce qu’elles paraissent » (Georges Balandier,Sens et puissance, 2004) (greenwashing, pluralité, harmonie, richesse culturelle, respect mutuel, distribution des richesses).
  • Équilibres déshumanisés, post-catastrophe, post-industriels, digitaux.

Comité scientifique

  • Anne Cousson (Poitiers)
  • Elodie Gallet (Orléans)
  • Kelly Fazilleau (Poitiers)
  • Lucie Genay (Limoges)
  • Geneviève Guetemme (Orléans)
  • André Magord (Poitiers)
  • Martine Raibaud (La Rochelle)
  • Ludivine Thouverez (Poitiers)

Les propositions sont à adresser à ludivine.thouverez@univ-poitiers.fr et gallet.elodie@gmail.com avant le 15 juin 2022.